Sintaxis revolucionaria

Après mai_ Olivier Assayas_2012

ESPECTADOR: Su película adopta un estilo clásico propio de la burguesía, pero, en un cine revolucionario, ¿no deberíamos adoptar también una sintaxis revolucionaria?

REALIZADOR: Un estilo de ese tipo sería un shock para el proletariado. Nuestra tarea es iluminar.

REALIZADORA: Y esa sintaxis revolucionaria de la que habla nuestro camarada, ¿no es en realidad el estilo individualista de la pequeña burguesía?

Après mai, Olivier Assayas, 2012.

(Pasado el tiempo, ese mismo iluminador del proletariado que rechaza la sintaxis revolucionaria se referirá a unas feministas llamándolas lesbianas. Es lo que tienen los rodillos gruesos: que terminan por despreciarlo todo, primero la sintaxis y luego las más elementales diferencias semánticas.)

Anuncios

2 respuestas a Sintaxis revolucionaria

  1. fayçal dice:

    Magnífico diálogo, y muy pertinente.

    Me recuerda el caso del genial escritor Pierre Guyotat, quien, ya en otoño de 1970, respondía a ese dilema (apostando por la sintaxis novedosa), en una entrevista con la prestigiosa revista literaria Tel Quel. Me atrevo a citarlo, in extenso y en francés (a Vd. de ver si tiene cabida aquí, o no), aquí :

    Q. : Une question doit être posée ici, dans la mesure où vous êtes engagé politiquement aux côtés de la classe ouvrière, c’est celle de l’accessibilité de votre langage. Que pouvez-vous dire à ce sujet, ici et maintenant ?

    R. : D’abord, ce texte est-il tellement accessible à la bourgeoisie ? Les premières attaques, les premiers malentendus sur Eden, Eden, Eden viennent de la bourgeoisie. La bourgeoisie perd en ce moment le monopole de l’avant-garde.
    Ensuite, vous savez bien que la grande majorité des lecteurs en France est à chercher dans la petite bourgeoisie : c’est vers la petite bourgeoisie que le réseau d’édition, de distribution, de critique propage nos textes — vers la petite bourgeoisie individualiste, remuante, tourmentée, avide de compenser son inefficacité politique par une série de lectures contradictoires.
    Ici, donc, il serait également indécent, soit de prétendre que ” les ouvriers ” sont, sur-le-champ, plus aptes à comprendre de pareils textes, ce qui est faux et empoisonne tout le processus ” culturel ” contemporain, soit d’exiger d’un chercheur que, d’une part, pour de prétendues raisons d’efficacité sociale et politique immédiates, il abdique son rôle de chercheur, d’autre part et partant qu’il rejette les acquis les plus récents du langage littéraire. Non, c’est justement en poursuivant sa recherche que l’homme d’écriture peut donner à la classe ouvrière (écartée du pouvoir, donc, de la culture) une meilleure idée de ce que fut autrefois l’écriture — fournir une analyse plus scientifique du processus littéraire ancien, récent ; donc la préparer rationnellement [13] à la compréhension du nouveau, sur une base analytique matérialiste, par réinsertion de ce processus spécifique dans une histoire que désormais, elle est seule à pouvoir vivre enfin à fond.

    Pierre Guyotat, Tel Quel n° 43, automne 1970. http://bit.ly/1fHEppo

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s

A %d blogueros les gusta esto: